Comunicat de Libertat : Solidaritat dab EH !

21 09 2011

L’Audiéncia Nacionala, tribunal d’excepcion de l’estat espanhòl, sentencièt lo passat 16 de setembre a dètz ans de preson l’ex-pòrtaparaula de Batasuna Arnaldo Otegi. La senténcia del tribunal espanhòl prevei tanben las meteissas penas per l’ex-dirigent del sindicat LAB, Rafael Díaz Usabiaga, e d’autras penas de preson per tres autres militants abertzales. Lo tribunal especial espanhòl los acusa d’agir coma integrants d’ETA en ensajar de rebastir la formacion illegalizada Batasuna, a travèrs del projècte Bateragune. Aital, la senténcia impausa tanben penas d’uèch ans de preson per Sonia Jacinto, Gardan Zabaleta (filha del cap d’Aralar, Patxi Zabaleta) e Arkaitz Rodríguez. Txelui Moreno, Mañel Serra e Amaia Esnal son estats absolguts.

Cal remembrar qu’Arnaldo Otegi es estat empresonat preventivament dempuèi octòbre de 2009 pel « crimi » d’aver contribuit a la refondacion de la direccion del partit politic Batasuna, vengut ilegal per las autoritats de l’estat espanhòl que fa un usatge cinic de la paraula democracia.

En realitat çò que destorba lo govèrn de Madrid, es pas qu’Otegi, mas lo legitim del movement de desliurança del pòble Basc per lo sieu drech a l’autodeterminacion . En efièch la condemna d’Otegi s’inscriu dins lo meteis procès de criminalizacion de l’esquèrra abertzale que lo Mandat d’Arrèst Europèu (MAE) contra Aurore Martin o encara la detencion dins lo passat mes de julhet de Daniel Derguy a Caors.

Cal egalament remembrar la repression qu’exercís l’estat espanhòl contra lo movement basc (barrament de jornals, escòlas, tavèrnas, contraròtles, condemnas, MAE, torturas…), que se debana en un periòde ont ETA e l’esquèrra abertzale se son compromesas a resòlvre lo conflicte per la via democratica (lo cessament del fuòc unilateral d’ETA!). En aquela situacion la condemna d’Otegi pels tribunals d’excepcion es un atac de mai de las autoritats espanhòlas contra lo procès de patz en Euskal Herria.

Cal que condemnem amb fermetat, un còp de mai, la violéncia e l’acarnassiment de la justícia coloniala de l’estat espanhòl contra los militants independentistas basques.

Balham tot lo nòstre sosten incondicional a l’esquèrra abertzale e exigissèm lo desliurament immediat d’Arnaldo Otegi e los autres condemnats, l’arrèst de las torturas a Euskal Herria e la retirada de totes los MAE.





Pétition pour sauver la classe bilingue à Laroque Timbaut (47)

21 09 2011

http://petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2011N10933

La semaine passée la nouvelle Inspectrice d’Académie de Lot-et-Garonne a décidé de ne pas ouvrir de classe en occitan à Laroque, en dépit de la demande avérée des parents d’élèves, de la présence d’enseignants formés sur le secteur, du soutien de la municipalité, des promesses qui avaient été faites par les services de l’Inspection Académique de Lot et Garonne, et de la convention Rectorat -Région sur la structuration et le développement de l’enseignement bilingue en Aquitaine.
Sur les 4 projets viables de classes bilingues pour cette rentrée 2011 en Aquitaine, Laroque est le seul à ne pas aboutir quand Roquefort, Cussac Fort Médoc, Saint Martin de Seignanx ont ouvert normalement, aprés certes des atermoiements, et quelques frictions avec l’administration.

Pourquoi faut-il sauver cette classe bilingue à Laroque ?

  • Parce que ce projet a immédiatement suscité un fort intérêt enthousiaste chez les parents :  30 demandes d’inscriptions de parents  qui sont aujourd’hui KO debout par cette décision !
  • Parce que l’empreinte de la langue occitane est forte dans le village, les vers d’un poète occitan local (compagnon de Paul Froment) sont gravés sur un totem récemment installé devant l’école.
  • Parce que toutes les conditions de succés étaient réunies ;
  • Parce que surtout les arguments avancés pour ce refus sont fallacieux : nécessité de “garder ” des remplaçants en occitan, alors que ceux-ci sont effectivement envoyés en poste longue durée en français, voire volontairement écartés du poste à pourvoir ; le tout accompagné de rumeurs discréditant l’action des parents
  • parce que cela révèle, une fois de plus, que l’application de la convention et le développement de la politique linguistique se heurte sur le terrain à des agissements non conformes à l’esprit de la Convention, malgré l’attitude apparemment conciliante de Monsieur le Recteur
  • Parce que nous avons tous beaucoup à perdre : un projet de classe bilingue est souvent un projet de longue haleine (2 ans à Laroque) et mobilise beaucoup d’acteurs et d’énergie. Echouer si prés du but, sans raison valable, alors que les conditions sont optimales, reviendrait à décourager sciemment les parents et les élus qui se sont investis dans le projet et à écorner sérieusement la crédibilité des opérateurs locaux, du Conseil Général et de la Région sur cet élément stratégique de la reconquête linguistique.

Association OC BI Aquitaine pour l’enseignement en occitan





Preséncia de Libertat a Porteth en Gironda

5 08 2011





La Revista n°6

29 06 2011


 
Lo numerò 6 de la Revista qu’ei sortit. Lo voletz recéber e vos abonar ? Enviatz un chèc a l’òrdi de « Los amics de Libertat » a : 2 carrèra de la Hont, 64000 Pau. Abonament d’1 an (6

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numeròs) per 25€ o mei tà sostiéner !





Lo 24-25-26 de junh Hestenau occitan de Libertat

17 06 2011

VAQUI LO SITI!


www.festenalmontcuc.org

 





«MOAI-LAND»

1 06 2011
article non pareishut en integrau suu la Revista n°5

Ile mystérieuse et fascinante par ses moai, son écriture rongorongo, son culte du tangata manu (l’Homme-Oiseau) ou encore son extrême isolement. Voilà ce qu’est aux yeux de l’opinion publique mondiale, l’île de Pâques, classée en 1996 patrimoine mondial de l’UNESCO. Rien sur les autochtones, rien sur l’avenir de l’île. Certains documentaires vont même jusqu’à parler de peuple disparu après l’arrivée de la « civilisation occidentale »!
Pourtant l’île de Pâques est bel et bien habitée ! 60% de la population insulaire est même d’origine rapanui c’est-dire descendante des populations polynésiennes qui se sont installés à Rapa Nui (nom de l’île en langue rapanui) entre 700 et 1200 de notre ère. En 2010, le peuple rapanui s’est une fois de plus révolté face à l’indifférence générale, contre leur situation démographique sociale et économique préoccupante, contre les projets gouvernementaux et l’appétit aiguisé des multinationales du tourisme.

On est bien loin des représentations occidentales idéalisées de ces petits bouts de terre polynésiens car cette fois-ci, l’identité pascuane risque de disparaître définitivement. Un petit tour dans l’histoire insulaire s’impose.

Des premiers contacts dramatiques

Je ne reviens pas sur l’histoire pré-coloniale de l’île qui fait l’objet de nombreuses études et de vifs débats concernant l’origine du peuplement, la construction des moai et les bouleversements socio-écologiques qu’elle a connue juste avant l’arrivée des premiers explorateurs européens. Je parlerai donc de la période contemporaine bien souvent éludée dans les livres et les guides, en particulier de la colonisation depuis le XVIIIe siècle par les Européens puis le Chili.

Les premiers explorateurs (Gonzalez de Haedo en 1770, Roggeveen un dimanche de Pâques 1772, Cook en 1774, La Pérouse en 1786) ne trouvent aucun intérêt à cet île mise à part l’étude des moai (déjà !). Pourtant, en 1805, un navire nord-américain vient y enlever une vingtaine d’hommes et de femmes pour les emmener comme esclaves sur l’archipel Juan Fernandez (des îles perdues à 667 km du Chili). Les bateaux européens, eux, font de Rapa Nui une étape mais y introduisent des maladies infectieuses contre lesquelles les indigènes ne sont pas immunisés.
La déportation la plus massive a lieu en 1862. Cette année-là 1500 Pascuans (autrement dit les indigènes) sont envoyés en esclavage vers des exploitations du Pérou (plantations, guano, mines). La moitié de la population totale disparaît ainsi soudainement ! Disparition d’autant plus marquante qu’elle prive la société de ses repères traditionnelles puisque l’ensemble des prêtres, des initiés et de la famille royale sont déportés. En 1863, suite à l’intervention de la France et de l’Angleterre, le Pérou est sommé de rapatrier les prisonniers : seulement douze captifs reviennent mais introduisent la variole dans l’île ! La population insulaire est alors décimée (seules quelques centaines de Rapanui survivent) et l’équilibre socio-économique définitivement brisé.

En 1864, arrive Eugène Eyraud. Ce natif des Hautes-Alpes décide, après avoir fait fortune en Amérique du Sud, de se consacrer à l’évangélisation des « primitifs ». Ce Père des Sacrés-Coeurs de Picpus échoue dans un premier temps mais revient aidé par d’autres missionnaires en 1866. Il réussit alors à convertir tous les Pascuans. Ceux-ci vivent alors sous la domination d’un tangata manu. Ce dernier, choisi annuellement parmi les matatoa (guerriers d’élite) du clan vainqueur d’une épreuve sportive extrême et sacrée, est le nouvel homme fort de l’île. Cet ordre social est apparu deux siècles auparavant, suite à des bouleversements socio-écologiques et à des guerres. Les tangata manu ont alors mis en place de nouvelles coutumes et régné autoritairement sur l’île même si des ‘ariki mau (grands rois de l’île, appelés aussi ‘ariki henua) continuent à se succéder.
Peu après 1866, le convoyeur des premiers missionnaires, l’aventurier français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier, revient sur l’île pour fuir des condamnations pour trafic d’armes et pour dettes : lui et d’autres colons installent une exploitation agricole. Après s’être remarié avec une Rapanui, il met sur pied une police armée composé d’indigènes autorisés à revenir à leurs anciennes croyances. Il prend alors le contrôle de l’île pour plusieurs années proclamant respectivement « reine mère » et « reines » son épouse et ses filles. Capitaine et officier de l’état civil, il dirige depuis 1868 un « Conseil de gouvernement » composé de colons, de missionnaires et de notables indigènes. Il introduit le Code civil français pour régir les premiers achats de terres réalisés par les colons et la mission. Dutrou-Bornier méprise ainsi le droit coutumier local où kainga, la terre-mère, ne peut être transférée ou cédée. Cette dernière notion est un des piliers des cultures polynésiennes : le « lien ombilical » entre les clans et la terre léguée par les ancêtres, est essentiel à la survie du peuple. Enfin, un tribunal présidé par le Père Roussel, est créé pour régler les conflits, juger les infractions aux « bonnes mœurs » et les délits.

Peu après, entre 1869 et 1871, les colons puis les missionnaires suite à des dissensions quittent l’île de Pâques. Dernier Européen, Dutrou-Bornier a racheté toutes les terres à l’exception de l’aire de la mission qui se trouve dans un coin au sud ouest de l’île et introduit le commerce de la laine. Les Rapanui sont alors soit « évacués » vers d’autres îles de Polynésie au service des missionnaires ou des colons, soit « regroupés » autour de la mission de Hanga Roa.

En 1871, l’aventurier français conclut un contrat d’association avec la société commercial de John Brander, un Écossais installé à Tahiti, pour l’exploitation de Rapa Nui. L’île devient alors définitivement une terre d’élevage pour plusieurs milliers de moutons : la population, réduite en esclavage, doit rester à Hanga Roa et l’eau est rationnée au profit du bétail. Toutes les transactions sont enregistrées auprès d’un notaire tahitien qui les fait enregistrer auprès de l’administration française lorsque Pomaré V fait don de son royaume, Tahiti, à la France.

La mort du « roi » de l’île de Pâques dans des circonstances obscures et violentes puis celle de John Brander à la fin des années 1870 entraîne Rapanui dans une guerre juridique entre les héritiers respectifs qui ne s’achève qu’en 1893 ! Pour la petite histoire, le jugement final a été rendu par la dernière juridiction possible alors pour la Polynésie française : la Cour d’Appel de Bordeaux… Entre temps, la responsabilité de l’exploitation agricole et donc de l’île revient au beau-frère de John Brander, Alexandre Salmon.

La mainmise du Chili : d’une tragédie à l’autre

En 1886, le capitaine chilien de corvette Policarpo Toro fait un court séjour sur Rapa Nui et presse les autorités chiliennes de continuer leurs tentatives d’expansion maritime vers l’Ouest. Sous protectorat français, l’île où l’on dénombre une centaine de Pascuans, quelques Tahitiens, Alexandre Salmon et John Bander (fils), est pourtant délaissée. Les missionnaires catholiques y possèdent encore toujours quelques terres et troupeaux mais veulent les vendre pour se venger de Dutrou-Bornier, de la République française et de la famille Brander liée une société de missionnaires « concurrente ».
Après quelques mois de négociations, le Chili et l’Archevêché de Santiago obtiennent les promesses de vente des biens des missionnaires catholiques français puis de ceux des frères Brander. Impatient d’annexer l’île, Policarpo « oublie » les veuves Dutrou-Bornier et leurs biens. Il faut dire que la France, par l’intermédiaire de son consul au Chili Me Goupil (qui se trouve être homme d’affaires et notaire des Brander !), assure qu’elle n’a que peu d’intérêt stratégique pour cette île bien qu’elle préférerait la voir sous domination chilienne plutôt qu’anglaise.
Ne craignant plus aucune intervention française, Toro débarque en 1888. Le Chili signe ensuite un « Traité d’annexion» où il reconnaît comme « roi de Pâques » un ‘ariki (simple roi) appelé Atamu Tekena. Ce traité, rédigé dans un mélange d’espagnol, de tahitien et de rapanui, demeure vague et sujet aux interprétations les plus divers. Il est donc très contestable et contesté : par exemple, il y a des « erreurs » de traduction et de sens entre le rapanui et l’espagnol sur la question des terres ! Une « Proclamation » où le Chili s’engage à garantir éducation et prospérité au peuple pascuan, est également conclue mais elle n’est pas reconnue aujourd’hui par l’État chilien.
Pendant ce temps, les veuves Dutrou-Bornier réclament en vain la protection de leurs droits auprès du gouvernement français. L’affaire s’achève après le début du XXe siècle lorsque les droits des veuves, faute de descendance, sont transférés à l’État français.

A la même époque, un commerçant français installé à Valparaiso, Henri Merlet, a racheté les promesses de vente soit 90% de l’île. Il loue ensuite ses terres au gouvernement chilien qui, par ses atermoiements, avait oublié de racheter les promesses qu’il avait négocié ! Merlet fait empoisonner en 1897 un chef rapanui, Simeon Riroroko, venu au Chili réclamer ces terres vendues sans le consentement de ceux qui y vivaient. En 1903, il vend son exploitation à la Compañia Exploradora de la Isla de Pascua. Celle-ci est détenue à la majorité des parts par la compagnie lainière britannique Williamson-Balfour. L’importation de chèvres et de chevaux, en plus de l’élevage intensif de moutons, accentuent l’érosion du sol et détruit les derniers coins de végétation. Les Rapanui ont l’obligation de travailler pour Williamson-Balfour qui les paye en nature !

La compagnie lainière maintient le confinement des Pascuans dans un recoin sud-ouest de l’île. Ces derniers sont alors victimes de lois ultra-sécuritaires, de brimades, de viols. Sous prétexte de les protéger des maladies extérieures, il leur est interdit de sortir du périmètre qui leur est réservé sans une permission écrite du représentant du gouvernement chilien ou de la Marine. D’ailleurs, le village est entouré de barbelés. Les plus rétifs à l’autorité sont déclarés « malades » et enfermés à la léproserie. Enfin, aller à l’école pour les enfants rapanui est également soumis à une autorisation : il leur faut en effet aller étudier sur le contient (donc au Chili, à 3500 km) sous la surveillance de gardes ! Mais ce petit espace est aussi une prison pour les Chiliens condamnés à la déportation. Bref c’est l’univers carcéral à l’échelle d’une île !!!
Lorsque le contrat entre le Chili et la compagnie prend fin en 1953, Rapa Nui est placée sous l’autorité directe de la Marine chilienne. Elle continue de parquer les Pascuans à Hanga Roa, alors transformé en réserve.

Plusieurs révoltes et tentatives d’évasion ont lieu au cours de ces décennies :

En 1914, menés par une catéchiste indigène de l’Église catholique romaine, Maria Angata Veri Tahi a Pengo Hare Kohou, les Rapanui proclament leur indépendance, sortent de la réserve et capturent une partie du cheptel. La répression est féroce : les maisons des indigènes sont toutes brûlées et les leaders sont déportés.
Par la suite, les Pascuans organisent des « expéditions » pour quitter leur île et fuir le joug chilien. Se souvenant de l’Histoire récente, ces « évadés » mettent le cap à chaque fois sur Tahiti : ils espèrent ainsi faire entendre leurs voix et placer Rapa Nui sous administration française ! La première expédition a lieu en 1944. Ces évadés, tous des hommes, s’embarquent pour 30 jours de mer sur des embarcations de fortune construites en cachette ou des bateaux volés aux Chiliens. Ils se dirigent grâce aux techniques traditionnelles qu’utilisaient leurs ancêtres, navigateurs de génie comme les autres peuples de l’Océanie. La quatrième expédition, en 1954, atteint son but puisque trois Pascuans sont amenés à Tahiti après avoir débarqué aux Tuamotu. Hélas, la pétition des Rapanui demandant le protectorat à la France est ignorée, raillée. Malgré tout, cet exploit maritime suscite une « folie » de l’évasion qui ne s’achève qu’en 1958. Beaucoup de Pascuans trouvent la mort dans ces tentatives.
Une insurrection éclate en 1964 menée par l’un des rares Pascuans à avoir pu étudier sur le continent : Alfonso Rapu. En effet, prévenue par un employé de la Marine dont des ancêtres rapanui avaient été déporté, la population autochtone s’est révoltée contre les autorités craignant que le premier maire élu de l’Histoire de l’île ne soit arrêté. Témoin de cette révolte, une expédition scientifique canadienne alerte la communauté internationale. Les pressions diplomatiques sauvent les Pascuans de la répression. En 1966, sous la pression internationale et suite aux premières élections démocratiques du Chili, l’État chilien accorde la nationalité chilienne aux Rapanui (leur donnant une égalité civique avec les autres citoyens chiliens). Ils ne sont enfin plus des esclaves. Le temps où une femme indigène avait le crâne rasé pour avoir refuser d’obtempérer, est révolu.
Sous la dictature d’Augusto Pinochet, l’île revient dans le giron militaire avec l’installation d’une base de l’armée de l’air chilienne (base partagée avec l’armée américaine et la NASA jusqu’à sa fermeture récente). Le dictateur revend les terrains pris par la force aux clans rapanui, à des grandes sociétés chiliennes.
Après l’élection de Michelle Bachelet comme présidente, une réforme constitutionnelle dote en 2007 l’île d’un statut de « territoire spécial » et le Chili ratifie la Convention relative aux droits des peuples indigènes et tribaux. Hélas, dans les faits, Rapa Nui est actuellement toujours administrée comme une province appartenant à une région du continent (celle de Valparaiso).

La lutte des Rapanui : l’autonomie ou la mort !

Aujourd’hui encore, les Rapanui sont marginalisés par le pouvoir central chilien. C’est d’abord sur la question foncière puisque 95 % des terrains appartiennent actuellement à l’armée du Chili. De plus, les Pascuans n’ont pas le droit d’exploiter leurs terres sans une autorisation du continent. C’est ensuite au niveau social et démographique qu’ils sont peu à peu mis à l’écart car le gouvernement encourage l’installation de colons chiliens (les habitants d’origine rapanui ne représentent plus que 60% de la population aujourd’hui contre 70% en 1982). Au point de vue économique, les emplois les plus rémunérateurs et les richesses créées par un tourisme en plein essor sont accaparés par des continentaux. Certaines sociétés du Chili ont même obtenu des monopoles sur certains secteurs : LAN Chile Airlines est la seule compagnie depuis 1967 à pouvoir desservir l’aéroport de Matarevi pendant que le trafic maritime est assuré uniquement par la Marine de guerre chilienne ! Dans le domaine culturel, aucune politique linguistique n’existe alors que les quelques mesures et lois protégeant le patrimoine insulaire sont de moins en moins appliquées faute de moyens. L’île ne compte aucun journal, ni émission télévisée ou radio sur l’histoire pascuane ou en langue rapanui ! Si aujourd’hui cette dernière est encore parlée par la moitié de la population c’est grâce aux initiatives, ces dernières années, des autochtones ou des organisations humanitaires (une Académie de la Langue rapanui a été crée en 2004 et l’UNESCO soutient un programme d’enseignement bilingue rapanui-espagnol). De plus en plus de jeunes Pascuans à travers leur bilinguisme, tentent de retrouver, préserver et valoriser leur identité rapanui tout en faisant valoir leur droit à vivre et décider au pays ! Enfin, le fragile équilibre écologique de l’île est en train d’être détruit par la massification progressive du tourisme et l’augmentation de la population. Ce tout petit « triangle » (162,5 km²) de 23 km de long pour 12 km de large ne pourra pas longtemps survivre aux 3000 voitures en circulation, aux 70000 touristes par an (alors qu’il ne peut en supporter théoriquement que 10000), ou aux sites d’enfouissements déjà tous saturés…

Toutes ces problématiques ainsi que les nombreuses promesses non tenues par l’État chilien, ont poussé les Pascuans à agir. Les nombreuses pétitions et manifestations sont restées sans effets : les terres qui auraient du depuis quarante ans revenir aux indigènes, n’ont pas été rendues. Une nouvelle cession de terrains à des investisseurs privés (des grandes compagnies hôtelières et de casino chiliennes et étrangères) a alors radicalisé les idées et les actions.

Un mouvement autonomiste indigène, soutenu par des associations sur l’île (comme Ka’ara et Kakaka Here Henua, des ONG « environnementales ») et sur le continent (comme Prensa Rapa Nui), a ainsi occupé pacifiquement les parcelles des terres spoliées à partir de la fin juillet 2010: locaux ministériels, palaces, bâtiments administratifs…
Pour éviter d’être délogés, les activistes, des membres des clans rapanui ayant des droits sur ces terrains, se relayent jour et nuit. Plutôt que de négocier et tenir leurs engagements, les autorités locales tentent d’abord de les expulser mais échouent.
Refusant toujours le dialogue malgré des tensions extrêmes, les autorités et les investisseurs étrangers font tout pour maintenir leur contrôle de l’île. Il faut dire que l’État chilien, en plus de massifier le tourisme avec l’ouverture d’un deuxième aéroport ( !!!), prévoit la construction de ports de commerce . C’est pourquoi les forces spéciales chiliennes puis même des renforts militaires sont transportés sur l’île !
En novembre 2010, le combat des Rapa Nui est reconnu par la justice chilienne. La cour d’appel de Valparaiso a en effet rejeté la demande de l’État chilien et du propriétaire d’un hôtel de luxe de Hanga Roa d’expulser le clan Hitorangi au motif que la récupération de cette terre est légitime. L’investisseur étranger, la famille Scheiss, promet alors de donner l’hôtel à la Fondation Rapa Nui si l’occupation cesse. Pourtant, le clan refuse. Il faut en effet savoir que la fondation privée en question comprend des hommes d’affaires pascuans associés de la famille Scheiss et un ancien gouverneur insulaire qui, entre autres choses, revend des moai (des grands et authentiques) en Europe !
Mais on ne contrarie pas aussi facilement les projets d’une élite économique et politique !
Le 2 décembre, un tribunal de l’île ordonne au clan Tuko Tuki d’évacuer leur campement sous 24 heures. A 6 heures du matin, le 3 décembre (autrement dit moins de 24 heures après), la police armée de matraques et de pistolets à grenailles expulse de force les activistes (4 policiers pour 1 occupant). Une manifestation de soutien tente de les défendre à coups de bâtons et de pierres mais elle est violemment réprimée :  une vingtaine de manifestants rapanui sont blessés par des tirs de balles en caoutchouc et de chevrotine, des gaz lacrymogènes et des coups de matraques. Certains sont toujours dans un état grave. Le documentariste Santi Hitorangi, en train de filmer les évènements, a reçu plusieurs dizaines de plombs de chevrotine dans le dos et le président du Parlement Rapa Nui, Leviante Araki, s’est fait tiré dessus deux fois ! Le Parlement Rapa Nui est un organe se voulant l’héritier de l’antique conseil de l’île et défendant les intérêts des autochtones au niveau politique. Le président actuel du Chili, Sebastian Piñera, justifie alors cette « éviction musclée » comme un « simple maintien de l’ordre public » !
Les autochtones ont poursuivi malgré tout leur mouvement et occupé 12 endroits à travers toute l’île. Déterminés à faire valoir leurs droits, ils espèrent faire connaître leur sort à la communauté internationale afin qu’elle soutienne leur combat et fasse pression sur les autorités chiliennes.
En janvier 2011, un rapporteur de l’ONU évoque « sa préoccupation » devant la situation explosive. En février, la Commission inter-américaine des droits de l’homme, un organe autonome de l’Organisation des États américains, sur la demande du Indian Law Resource Center, reconnaît la légitimité du combat rapanui, exige du gouvernement chilien l’arrêt de la répression et des expulsions et diligente une enquête. Au même moment, un représentant démocrate des Samoa américaines au Congrès, Eni Faleomavaega à l’occasion d’un discours à Washington demande à ce que le conflit soit résolu pacifiquement avant le prochain déplacement du président des États-Unis au Chili.
Hélas, pour le moment, c’est insuffisant. Le clan Hirotangi a en effet été illégalement expulsé de l’hôtel de luxe de Ranga Roa par des forces spéciales convoyées dans des vans de la société Empresas Transoceanicas, propriété des Scheiss ! Les occupants ainsi que les gens venus les soutenir ont été violentés (5 policiers pour 1 résistant) : l’avocat de la famille Hirotangi a été tabassé pour avoir voulu parler à ses clients !
Face à cette situation inextricable et peu encourageante pour l’avenir, certains activistes réclament même la sécession de l’île de Pâques et son rattachement à la Polynésie française étant donné qu’il y a plus de descendants rapanui habitant à Tahiti que sur l’île de Pâques !
En tout cas, en février et mars derniers, de grandes manifestations se sont déroulées dans toute Rapa Nui pour continuer à soutenir le clan Hirotangi mais aussi à réclamer la restitution des terres et l’autonomie de l’île.
Afin de continuer à informer et alerter le monde entier, des Pascuans, Susana Hito et Santi Hitorangi, ont créé une association Save Rapa Nui. Le site de cette dernière (http://saverapanui.org/ ) a un rôle de veille informationnelle et met en ligne une pétition et un système de dons pour soutenir le mouvement rapanui et les Hirotangi, dernier clan membre du Parlement Rapa Nui à pouvoir mener le combat politique et judiciaire.

Non Rapa Nui ne deviendra pas un parc à thèmes pour touristes en mal d’exotisme et de primitivisme !
Non à Moai-land !

Alors n’oublions pas te pito o te henua ! (le « nombril du monde », l’autre nom de l’île de Pâques en rapanui)





CONTRA LOS FASCISTAS : RESISTÉNCIA !

19 05 2011

Lo dissabte 14 de mai, cinc militants antifascistas èran arrestats a Bordèu, per « participation à un groupement même temporaire en vue de commettre des violences ou des dégradations ». Dens los hèits, reprochan ad aqueths militants d’aver volut empachar un movement fascista de defilar dens las ruas de la vila per i expausar sas idèas que vienen d’un aute temps. Fau sinhalar que lo movement en question, fondat sus una basa integrista crestiana, s’opausa daubertament au sistèmi democratic, o a las libertats fondamentalas (de pensada, d’opinion, de reunion, de la premsa…) Totun, s’a de constatar que la prefectura, meilèu que prohibit una tala manifestacion, s’estima mei d’arrestar lo monde que s’i opausa.
Aquestas arrestacions son l’exèmple perfècte de l’evolucion politica qu’èm a viver, jos l’efècte de la politica extremista de N. Sarkozy. Las idèas de la dreta nacionalista francesa, lunh d’estar combatudas o denonciadas per nòstes elegits, son defendudas uèi-lo-dia per una granda part de la classa politica au poder. LOPPSI puish LOPPSI 2, repression contra los que s’opausan ad aqueth projècte securitari, luta violénta contra l’immigracion e los tribalhadors shens papèirs, proliferacion d’un ambient racista dens mantun mitans, normalizacion deu Front National dab l’ajuda deus grands mediàs nacionaus, aqueste climat NON DIU PAS ESTAR ACCEPTAT !
Nosautes occitans am de brembar la nòsta pausicion : volem lo dret d’existir en tant qu’occitans, de viver, decidir e tribalhar au pais. Èm occitans pr’amor vivem aqui, de Bordèu dinc a Marselha en passar per Lemòtges o Clarmont d’Auvernha, pr’amor aimam aquera cultura e aquera lenga milenària, pr’amor militam o èm investits dens la vita de nòsta parçan, e pr’amor atau nos sentissem. Aqueste sentiment, aquera occitanitat nos balha drets. Pas pr’amor vedem nòsta cultura o nòsta lenga com superiora a la cultura francesa, a l’espanhòla o a l’algeriana : totas las culturas e las lengas s’equivalen, nada es superiora, nada es inferiora. Mès volem lo nòste dret d’existir sii respectat ; volem la nòsta lenga sii ensenhada seriosament, sii presenta publicament, volem la possibilitat de tribalhar ont volem shens aver de passar per Paris o de quitar nòste territòri per ic har. Volem las institucions politicas per avançar en aquera dralha, e per bastir una societat egalitària e respectuosa de l’uman en çò nòste. Per aquò lutam.
Mès n’acceptam pas la recuperacion de la nòsta identitat per servir causas mausanisas e reaccionàrias. Occitània s’es bastida, dempuish segles, en mesclanhar los pòbles, las lengas. Èm una tèrra d’arculh, dempuish las colonias arabas de l’Edat Mijana dinc aus republicans espanhòus de 1936, shens desbrembar los exiliats de tota traca que s’installan sus nòstas tèrras e conviven shens dòu dab las poblacions autoctònas.
Pr’amor d’aquò nos opausam dab fòrça ad aquera fascizacion de la societat que ne podem pas que constatar uèi-lo-dia. Los drets ganhats dempuish detzenas d’annadas (libertats d’opinions, de cauma, acquesits deu dret deu tribalh, legalizacion de la contracepcion e de l’IVG, leis contre lo racisme) an d’estar defenduts fàcia aus moviments reaccionaris que’us miaçan.

A BORDÈU, EN OCCITANIA
COM PERTOT ALHORS
NAT FASCISTA EN NÒSTA VITA