«MOAI-LAND»

1 06 2011
article non pareishut en integrau suu la Revista n°5

Ile mystérieuse et fascinante par ses moai, son écriture rongorongo, son culte du tangata manu (l’Homme-Oiseau) ou encore son extrême isolement. Voilà ce qu’est aux yeux de l’opinion publique mondiale, l’île de Pâques, classée en 1996 patrimoine mondial de l’UNESCO. Rien sur les autochtones, rien sur l’avenir de l’île. Certains documentaires vont même jusqu’à parler de peuple disparu après l’arrivée de la « civilisation occidentale »!
Pourtant l’île de Pâques est bel et bien habitée ! 60% de la population insulaire est même d’origine rapanui c’est-dire descendante des populations polynésiennes qui se sont installés à Rapa Nui (nom de l’île en langue rapanui) entre 700 et 1200 de notre ère. En 2010, le peuple rapanui s’est une fois de plus révolté face à l’indifférence générale, contre leur situation démographique sociale et économique préoccupante, contre les projets gouvernementaux et l’appétit aiguisé des multinationales du tourisme.

On est bien loin des représentations occidentales idéalisées de ces petits bouts de terre polynésiens car cette fois-ci, l’identité pascuane risque de disparaître définitivement. Un petit tour dans l’histoire insulaire s’impose.

Des premiers contacts dramatiques

Je ne reviens pas sur l’histoire pré-coloniale de l’île qui fait l’objet de nombreuses études et de vifs débats concernant l’origine du peuplement, la construction des moai et les bouleversements socio-écologiques qu’elle a connue juste avant l’arrivée des premiers explorateurs européens. Je parlerai donc de la période contemporaine bien souvent éludée dans les livres et les guides, en particulier de la colonisation depuis le XVIIIe siècle par les Européens puis le Chili.

Les premiers explorateurs (Gonzalez de Haedo en 1770, Roggeveen un dimanche de Pâques 1772, Cook en 1774, La Pérouse en 1786) ne trouvent aucun intérêt à cet île mise à part l’étude des moai (déjà !). Pourtant, en 1805, un navire nord-américain vient y enlever une vingtaine d’hommes et de femmes pour les emmener comme esclaves sur l’archipel Juan Fernandez (des îles perdues à 667 km du Chili). Les bateaux européens, eux, font de Rapa Nui une étape mais y introduisent des maladies infectieuses contre lesquelles les indigènes ne sont pas immunisés.
La déportation la plus massive a lieu en 1862. Cette année-là 1500 Pascuans (autrement dit les indigènes) sont envoyés en esclavage vers des exploitations du Pérou (plantations, guano, mines). La moitié de la population totale disparaît ainsi soudainement ! Disparition d’autant plus marquante qu’elle prive la société de ses repères traditionnelles puisque l’ensemble des prêtres, des initiés et de la famille royale sont déportés. En 1863, suite à l’intervention de la France et de l’Angleterre, le Pérou est sommé de rapatrier les prisonniers : seulement douze captifs reviennent mais introduisent la variole dans l’île ! La population insulaire est alors décimée (seules quelques centaines de Rapanui survivent) et l’équilibre socio-économique définitivement brisé.

En 1864, arrive Eugène Eyraud. Ce natif des Hautes-Alpes décide, après avoir fait fortune en Amérique du Sud, de se consacrer à l’évangélisation des « primitifs ». Ce Père des Sacrés-Coeurs de Picpus échoue dans un premier temps mais revient aidé par d’autres missionnaires en 1866. Il réussit alors à convertir tous les Pascuans. Ceux-ci vivent alors sous la domination d’un tangata manu. Ce dernier, choisi annuellement parmi les matatoa (guerriers d’élite) du clan vainqueur d’une épreuve sportive extrême et sacrée, est le nouvel homme fort de l’île. Cet ordre social est apparu deux siècles auparavant, suite à des bouleversements socio-écologiques et à des guerres. Les tangata manu ont alors mis en place de nouvelles coutumes et régné autoritairement sur l’île même si des ‘ariki mau (grands rois de l’île, appelés aussi ‘ariki henua) continuent à se succéder.
Peu après 1866, le convoyeur des premiers missionnaires, l’aventurier français Jean-Baptiste Dutrou-Bornier, revient sur l’île pour fuir des condamnations pour trafic d’armes et pour dettes : lui et d’autres colons installent une exploitation agricole. Après s’être remarié avec une Rapanui, il met sur pied une police armée composé d’indigènes autorisés à revenir à leurs anciennes croyances. Il prend alors le contrôle de l’île pour plusieurs années proclamant respectivement « reine mère » et « reines » son épouse et ses filles. Capitaine et officier de l’état civil, il dirige depuis 1868 un « Conseil de gouvernement » composé de colons, de missionnaires et de notables indigènes. Il introduit le Code civil français pour régir les premiers achats de terres réalisés par les colons et la mission. Dutrou-Bornier méprise ainsi le droit coutumier local où kainga, la terre-mère, ne peut être transférée ou cédée. Cette dernière notion est un des piliers des cultures polynésiennes : le « lien ombilical » entre les clans et la terre léguée par les ancêtres, est essentiel à la survie du peuple. Enfin, un tribunal présidé par le Père Roussel, est créé pour régler les conflits, juger les infractions aux « bonnes mœurs » et les délits.

Peu après, entre 1869 et 1871, les colons puis les missionnaires suite à des dissensions quittent l’île de Pâques. Dernier Européen, Dutrou-Bornier a racheté toutes les terres à l’exception de l’aire de la mission qui se trouve dans un coin au sud ouest de l’île et introduit le commerce de la laine. Les Rapanui sont alors soit « évacués » vers d’autres îles de Polynésie au service des missionnaires ou des colons, soit « regroupés » autour de la mission de Hanga Roa.

En 1871, l’aventurier français conclut un contrat d’association avec la société commercial de John Brander, un Écossais installé à Tahiti, pour l’exploitation de Rapa Nui. L’île devient alors définitivement une terre d’élevage pour plusieurs milliers de moutons : la population, réduite en esclavage, doit rester à Hanga Roa et l’eau est rationnée au profit du bétail. Toutes les transactions sont enregistrées auprès d’un notaire tahitien qui les fait enregistrer auprès de l’administration française lorsque Pomaré V fait don de son royaume, Tahiti, à la France.

La mort du « roi » de l’île de Pâques dans des circonstances obscures et violentes puis celle de John Brander à la fin des années 1870 entraîne Rapanui dans une guerre juridique entre les héritiers respectifs qui ne s’achève qu’en 1893 ! Pour la petite histoire, le jugement final a été rendu par la dernière juridiction possible alors pour la Polynésie française : la Cour d’Appel de Bordeaux… Entre temps, la responsabilité de l’exploitation agricole et donc de l’île revient au beau-frère de John Brander, Alexandre Salmon.

La mainmise du Chili : d’une tragédie à l’autre

En 1886, le capitaine chilien de corvette Policarpo Toro fait un court séjour sur Rapa Nui et presse les autorités chiliennes de continuer leurs tentatives d’expansion maritime vers l’Ouest. Sous protectorat français, l’île où l’on dénombre une centaine de Pascuans, quelques Tahitiens, Alexandre Salmon et John Bander (fils), est pourtant délaissée. Les missionnaires catholiques y possèdent encore toujours quelques terres et troupeaux mais veulent les vendre pour se venger de Dutrou-Bornier, de la République française et de la famille Brander liée une société de missionnaires « concurrente ».
Après quelques mois de négociations, le Chili et l’Archevêché de Santiago obtiennent les promesses de vente des biens des missionnaires catholiques français puis de ceux des frères Brander. Impatient d’annexer l’île, Policarpo « oublie » les veuves Dutrou-Bornier et leurs biens. Il faut dire que la France, par l’intermédiaire de son consul au Chili Me Goupil (qui se trouve être homme d’affaires et notaire des Brander !), assure qu’elle n’a que peu d’intérêt stratégique pour cette île bien qu’elle préférerait la voir sous domination chilienne plutôt qu’anglaise.
Ne craignant plus aucune intervention française, Toro débarque en 1888. Le Chili signe ensuite un « Traité d’annexion» où il reconnaît comme « roi de Pâques » un ‘ariki (simple roi) appelé Atamu Tekena. Ce traité, rédigé dans un mélange d’espagnol, de tahitien et de rapanui, demeure vague et sujet aux interprétations les plus divers. Il est donc très contestable et contesté : par exemple, il y a des « erreurs » de traduction et de sens entre le rapanui et l’espagnol sur la question des terres ! Une « Proclamation » où le Chili s’engage à garantir éducation et prospérité au peuple pascuan, est également conclue mais elle n’est pas reconnue aujourd’hui par l’État chilien.
Pendant ce temps, les veuves Dutrou-Bornier réclament en vain la protection de leurs droits auprès du gouvernement français. L’affaire s’achève après le début du XXe siècle lorsque les droits des veuves, faute de descendance, sont transférés à l’État français.

A la même époque, un commerçant français installé à Valparaiso, Henri Merlet, a racheté les promesses de vente soit 90% de l’île. Il loue ensuite ses terres au gouvernement chilien qui, par ses atermoiements, avait oublié de racheter les promesses qu’il avait négocié ! Merlet fait empoisonner en 1897 un chef rapanui, Simeon Riroroko, venu au Chili réclamer ces terres vendues sans le consentement de ceux qui y vivaient. En 1903, il vend son exploitation à la Compañia Exploradora de la Isla de Pascua. Celle-ci est détenue à la majorité des parts par la compagnie lainière britannique Williamson-Balfour. L’importation de chèvres et de chevaux, en plus de l’élevage intensif de moutons, accentuent l’érosion du sol et détruit les derniers coins de végétation. Les Rapanui ont l’obligation de travailler pour Williamson-Balfour qui les paye en nature !

La compagnie lainière maintient le confinement des Pascuans dans un recoin sud-ouest de l’île. Ces derniers sont alors victimes de lois ultra-sécuritaires, de brimades, de viols. Sous prétexte de les protéger des maladies extérieures, il leur est interdit de sortir du périmètre qui leur est réservé sans une permission écrite du représentant du gouvernement chilien ou de la Marine. D’ailleurs, le village est entouré de barbelés. Les plus rétifs à l’autorité sont déclarés « malades » et enfermés à la léproserie. Enfin, aller à l’école pour les enfants rapanui est également soumis à une autorisation : il leur faut en effet aller étudier sur le contient (donc au Chili, à 3500 km) sous la surveillance de gardes ! Mais ce petit espace est aussi une prison pour les Chiliens condamnés à la déportation. Bref c’est l’univers carcéral à l’échelle d’une île !!!
Lorsque le contrat entre le Chili et la compagnie prend fin en 1953, Rapa Nui est placée sous l’autorité directe de la Marine chilienne. Elle continue de parquer les Pascuans à Hanga Roa, alors transformé en réserve.

Plusieurs révoltes et tentatives d’évasion ont lieu au cours de ces décennies :

En 1914, menés par une catéchiste indigène de l’Église catholique romaine, Maria Angata Veri Tahi a Pengo Hare Kohou, les Rapanui proclament leur indépendance, sortent de la réserve et capturent une partie du cheptel. La répression est féroce : les maisons des indigènes sont toutes brûlées et les leaders sont déportés.
Par la suite, les Pascuans organisent des « expéditions » pour quitter leur île et fuir le joug chilien. Se souvenant de l’Histoire récente, ces « évadés » mettent le cap à chaque fois sur Tahiti : ils espèrent ainsi faire entendre leurs voix et placer Rapa Nui sous administration française ! La première expédition a lieu en 1944. Ces évadés, tous des hommes, s’embarquent pour 30 jours de mer sur des embarcations de fortune construites en cachette ou des bateaux volés aux Chiliens. Ils se dirigent grâce aux techniques traditionnelles qu’utilisaient leurs ancêtres, navigateurs de génie comme les autres peuples de l’Océanie. La quatrième expédition, en 1954, atteint son but puisque trois Pascuans sont amenés à Tahiti après avoir débarqué aux Tuamotu. Hélas, la pétition des Rapanui demandant le protectorat à la France est ignorée, raillée. Malgré tout, cet exploit maritime suscite une « folie » de l’évasion qui ne s’achève qu’en 1958. Beaucoup de Pascuans trouvent la mort dans ces tentatives.
Une insurrection éclate en 1964 menée par l’un des rares Pascuans à avoir pu étudier sur le continent : Alfonso Rapu. En effet, prévenue par un employé de la Marine dont des ancêtres rapanui avaient été déporté, la population autochtone s’est révoltée contre les autorités craignant que le premier maire élu de l’Histoire de l’île ne soit arrêté. Témoin de cette révolte, une expédition scientifique canadienne alerte la communauté internationale. Les pressions diplomatiques sauvent les Pascuans de la répression. En 1966, sous la pression internationale et suite aux premières élections démocratiques du Chili, l’État chilien accorde la nationalité chilienne aux Rapanui (leur donnant une égalité civique avec les autres citoyens chiliens). Ils ne sont enfin plus des esclaves. Le temps où une femme indigène avait le crâne rasé pour avoir refuser d’obtempérer, est révolu.
Sous la dictature d’Augusto Pinochet, l’île revient dans le giron militaire avec l’installation d’une base de l’armée de l’air chilienne (base partagée avec l’armée américaine et la NASA jusqu’à sa fermeture récente). Le dictateur revend les terrains pris par la force aux clans rapanui, à des grandes sociétés chiliennes.
Après l’élection de Michelle Bachelet comme présidente, une réforme constitutionnelle dote en 2007 l’île d’un statut de « territoire spécial » et le Chili ratifie la Convention relative aux droits des peuples indigènes et tribaux. Hélas, dans les faits, Rapa Nui est actuellement toujours administrée comme une province appartenant à une région du continent (celle de Valparaiso).

La lutte des Rapanui : l’autonomie ou la mort !

Aujourd’hui encore, les Rapanui sont marginalisés par le pouvoir central chilien. C’est d’abord sur la question foncière puisque 95 % des terrains appartiennent actuellement à l’armée du Chili. De plus, les Pascuans n’ont pas le droit d’exploiter leurs terres sans une autorisation du continent. C’est ensuite au niveau social et démographique qu’ils sont peu à peu mis à l’écart car le gouvernement encourage l’installation de colons chiliens (les habitants d’origine rapanui ne représentent plus que 60% de la population aujourd’hui contre 70% en 1982). Au point de vue économique, les emplois les plus rémunérateurs et les richesses créées par un tourisme en plein essor sont accaparés par des continentaux. Certaines sociétés du Chili ont même obtenu des monopoles sur certains secteurs : LAN Chile Airlines est la seule compagnie depuis 1967 à pouvoir desservir l’aéroport de Matarevi pendant que le trafic maritime est assuré uniquement par la Marine de guerre chilienne ! Dans le domaine culturel, aucune politique linguistique n’existe alors que les quelques mesures et lois protégeant le patrimoine insulaire sont de moins en moins appliquées faute de moyens. L’île ne compte aucun journal, ni émission télévisée ou radio sur l’histoire pascuane ou en langue rapanui ! Si aujourd’hui cette dernière est encore parlée par la moitié de la population c’est grâce aux initiatives, ces dernières années, des autochtones ou des organisations humanitaires (une Académie de la Langue rapanui a été crée en 2004 et l’UNESCO soutient un programme d’enseignement bilingue rapanui-espagnol). De plus en plus de jeunes Pascuans à travers leur bilinguisme, tentent de retrouver, préserver et valoriser leur identité rapanui tout en faisant valoir leur droit à vivre et décider au pays ! Enfin, le fragile équilibre écologique de l’île est en train d’être détruit par la massification progressive du tourisme et l’augmentation de la population. Ce tout petit « triangle » (162,5 km²) de 23 km de long pour 12 km de large ne pourra pas longtemps survivre aux 3000 voitures en circulation, aux 70000 touristes par an (alors qu’il ne peut en supporter théoriquement que 10000), ou aux sites d’enfouissements déjà tous saturés…

Toutes ces problématiques ainsi que les nombreuses promesses non tenues par l’État chilien, ont poussé les Pascuans à agir. Les nombreuses pétitions et manifestations sont restées sans effets : les terres qui auraient du depuis quarante ans revenir aux indigènes, n’ont pas été rendues. Une nouvelle cession de terrains à des investisseurs privés (des grandes compagnies hôtelières et de casino chiliennes et étrangères) a alors radicalisé les idées et les actions.

Un mouvement autonomiste indigène, soutenu par des associations sur l’île (comme Ka’ara et Kakaka Here Henua, des ONG « environnementales ») et sur le continent (comme Prensa Rapa Nui), a ainsi occupé pacifiquement les parcelles des terres spoliées à partir de la fin juillet 2010: locaux ministériels, palaces, bâtiments administratifs…
Pour éviter d’être délogés, les activistes, des membres des clans rapanui ayant des droits sur ces terrains, se relayent jour et nuit. Plutôt que de négocier et tenir leurs engagements, les autorités locales tentent d’abord de les expulser mais échouent.
Refusant toujours le dialogue malgré des tensions extrêmes, les autorités et les investisseurs étrangers font tout pour maintenir leur contrôle de l’île. Il faut dire que l’État chilien, en plus de massifier le tourisme avec l’ouverture d’un deuxième aéroport ( !!!), prévoit la construction de ports de commerce . C’est pourquoi les forces spéciales chiliennes puis même des renforts militaires sont transportés sur l’île !
En novembre 2010, le combat des Rapa Nui est reconnu par la justice chilienne. La cour d’appel de Valparaiso a en effet rejeté la demande de l’État chilien et du propriétaire d’un hôtel de luxe de Hanga Roa d’expulser le clan Hitorangi au motif que la récupération de cette terre est légitime. L’investisseur étranger, la famille Scheiss, promet alors de donner l’hôtel à la Fondation Rapa Nui si l’occupation cesse. Pourtant, le clan refuse. Il faut en effet savoir que la fondation privée en question comprend des hommes d’affaires pascuans associés de la famille Scheiss et un ancien gouverneur insulaire qui, entre autres choses, revend des moai (des grands et authentiques) en Europe !
Mais on ne contrarie pas aussi facilement les projets d’une élite économique et politique !
Le 2 décembre, un tribunal de l’île ordonne au clan Tuko Tuki d’évacuer leur campement sous 24 heures. A 6 heures du matin, le 3 décembre (autrement dit moins de 24 heures après), la police armée de matraques et de pistolets à grenailles expulse de force les activistes (4 policiers pour 1 occupant). Une manifestation de soutien tente de les défendre à coups de bâtons et de pierres mais elle est violemment réprimée :  une vingtaine de manifestants rapanui sont blessés par des tirs de balles en caoutchouc et de chevrotine, des gaz lacrymogènes et des coups de matraques. Certains sont toujours dans un état grave. Le documentariste Santi Hitorangi, en train de filmer les évènements, a reçu plusieurs dizaines de plombs de chevrotine dans le dos et le président du Parlement Rapa Nui, Leviante Araki, s’est fait tiré dessus deux fois ! Le Parlement Rapa Nui est un organe se voulant l’héritier de l’antique conseil de l’île et défendant les intérêts des autochtones au niveau politique. Le président actuel du Chili, Sebastian Piñera, justifie alors cette « éviction musclée » comme un « simple maintien de l’ordre public » !
Les autochtones ont poursuivi malgré tout leur mouvement et occupé 12 endroits à travers toute l’île. Déterminés à faire valoir leurs droits, ils espèrent faire connaître leur sort à la communauté internationale afin qu’elle soutienne leur combat et fasse pression sur les autorités chiliennes.
En janvier 2011, un rapporteur de l’ONU évoque « sa préoccupation » devant la situation explosive. En février, la Commission inter-américaine des droits de l’homme, un organe autonome de l’Organisation des États américains, sur la demande du Indian Law Resource Center, reconnaît la légitimité du combat rapanui, exige du gouvernement chilien l’arrêt de la répression et des expulsions et diligente une enquête. Au même moment, un représentant démocrate des Samoa américaines au Congrès, Eni Faleomavaega à l’occasion d’un discours à Washington demande à ce que le conflit soit résolu pacifiquement avant le prochain déplacement du président des États-Unis au Chili.
Hélas, pour le moment, c’est insuffisant. Le clan Hirotangi a en effet été illégalement expulsé de l’hôtel de luxe de Ranga Roa par des forces spéciales convoyées dans des vans de la société Empresas Transoceanicas, propriété des Scheiss ! Les occupants ainsi que les gens venus les soutenir ont été violentés (5 policiers pour 1 résistant) : l’avocat de la famille Hirotangi a été tabassé pour avoir voulu parler à ses clients !
Face à cette situation inextricable et peu encourageante pour l’avenir, certains activistes réclament même la sécession de l’île de Pâques et son rattachement à la Polynésie française étant donné qu’il y a plus de descendants rapanui habitant à Tahiti que sur l’île de Pâques !
En tout cas, en février et mars derniers, de grandes manifestations se sont déroulées dans toute Rapa Nui pour continuer à soutenir le clan Hirotangi mais aussi à réclamer la restitution des terres et l’autonomie de l’île.
Afin de continuer à informer et alerter le monde entier, des Pascuans, Susana Hito et Santi Hitorangi, ont créé une association Save Rapa Nui. Le site de cette dernière (http://saverapanui.org/ ) a un rôle de veille informationnelle et met en ligne une pétition et un système de dons pour soutenir le mouvement rapanui et les Hirotangi, dernier clan membre du Parlement Rapa Nui à pouvoir mener le combat politique et judiciaire.

Non Rapa Nui ne deviendra pas un parc à thèmes pour touristes en mal d’exotisme et de primitivisme !
Non à Moai-land !

Alors n’oublions pas te pito o te henua ! (le « nombril du monde », l’autre nom de l’île de Pâques en rapanui)

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Arestacions arbitraris de dus joens bascos !

21 03 2011

Aqueste dimarç, lo 15 de març, dabant lo tribunau de Pau, au parat d’ua comparucion de militants bascos, dus joens bascos deu movement Segi qu’estón interpelats dab ua rara violéncia per la poliça paulina shens justificacion reau. Ua joena militanta qu’estó trucada per las fòrças de l’òrdi dab ua grana violéncia quan volè interpausà’s.
Los dus joens qu’estón libertats dimercs vrespe e que seràn convocat davant la justícia pr’amor de violéncias grèus e refús de prelhevament d’ADN. Que’us arreprocham d’aver trucat policiers dab bastons quan son eths qui an confiscat mantuns drapèus entà’us copar.

Sòcis de Libertat ! presents a las interpelacions qu’estón ahucats de véder lo degrèu de violéncia deu costat policier.

Mentre que la premsa hè passar sonque lo punt de vista de la poliça, que volem har enténer la votz nosta entà muishar deu dit las arestacions arbitràris, la loa violéncia qui son açí clarament politicas ! E vam contunhar de demorar muts de cap ad aquesta repression deu pòple basco ?

Militantas obligada d’esconè’s entà escapà’s de la repression, joens qui son tot dia la cibla de la poliça !

Aquera situacion be’s deu estancar ! Que debem mobilisà’ns en favor deu pòple basco ! pr’amor que tots los pòples en luta qu’an lo dret de víver dens la dignitat, Libertat que balha lo sostien son aus militants bascos dens aqueste periòd negre. Qu’aperam tots los militants politics de las autas organisacions qui sostienen la luta au Bascoat a’s posicionar contra aquesta repression.

Solidaritat dab los pòples en luta !

Arrestations arbitraires de deux jeunes basques !

Ce mardi 15 mars, devant le tribunal de Pau, lors d’une comparution de militants basques, deux jeunes basques du mouvement Segi ont été interpellés avec une rare violence par la police paloise sans réelle justification. Une jeune militante a même été frappé par les forces de l’ordre avec une grande violence alors qu’elle voulait s’interposer.

Les deux jeunes ont été libérés mercredi après-midi et seront convoqués devant la justice pour violence aggravées et refus de prélèvement d’ADN . On leur reproche d’avoir frappé des policiers avec des bâtons, alors que se sont les policiers eux-mêmes qui ont confisqué divers drapeaux pour en casser les manches en bois.

Des membres de Libertat présents lors de ces interpellations ont été très choqués de voir le degré de violence du coté policier.

Alors que la presse ne relie que les informations de la police, nous voulons faire entendre notre voix pour pointer du doigt les arrestations arbitraires, la violence de ces interpellations qui sont ici clairement politiques ! Allons-nous continuer de cautionner cette répression sur le peuple basque ?

Des militantes forcées de se cacher pour échapper à la répression, des jeunes qui sont constamment la cible de la police !

Cette situation doit s’arrêter ! Nous devons nous mobiliser en faveur du peuple basque ! Parce que tous les peuples en lutte ont le droit de vivre dans la dignité, Libertat apporte son soutien sans faille aux militants basques dans cette période noire. Nous appelons tous les militants politiques des autres organisations qui soutiennent la lutte au Pays Basque à se positionner contre cette répression.

Solidarité avec les peuples en lutte !





Solidaritat dab los presoèrs bascos

6 01 2011

Libertat ! Internacionau : Libertat que’s solidariza e que participarà a la manifestacion en sostien aus presoèrs bascos deu 8 de genèr en Bilbo.

« Los presoèrs e presoèras bascos qui pateishen malaudias grèvas e incurablas que deven estar liberats suu pic, l’empresoament a perpetuïtat que dèu estar suprimit e que cau hicar un tèrmi a las violacions numerosas deus drets en las presons. »

Libertat ne pòt pas qu’estar en acòrd dab aquera declaracion de l’ensemble deu movement abertzale. Pr’aquò lo noste movement que participarà eth tanben a la manifestacion taus presoèrs bascos qui’s debanarà lo dissabte 8 de genèr a 5h30 deu vrèspe en Bilbo.

Aquera manifestacion que serà lo parat d’exigir l’arrespècte de tots los drets deus presoèrs bascos e de demandar a la societat de s’engatjar entà hicar un tèrmi a la politica actuau en las presons.

Que volem tanben brembar que lo movement basco que s’ei engatjat en un procèssus de negociacion e de discutida dab los dus estats qui l’opressan. Aqueth procèssus non poderà escàder shens un esfòrç pregon de las autoritats deus dus costats de la termièra. Melhorar las condicions de vita deus presoèrs e presoèras en generau e apressar los detienguts bascos de la lor familha qu’ei un simple dret qui a d’estar respectat.

Los de Libertat que’vs convidan donc a participar ad aquesta manifestacion deu 8 de genèr. Qu’esperam aquera mobilizacion istorica.

Libertat ! Internacionau : Libertat se solidarise et participera à la manifestation en soutient aux prisonniers basques du 8 janvier à Bilbo.


« Les prisonniers et prisonnières basques souffrant de maladies graves et incurables doivent être libérés, l’emprisonnement à perpétuité doit être supprimé e il faut mettre un terme aux nombreuses violations des droit en prisons ».

Libertat ne peut qu’être d’accord avec cette déclaration de l’ensemble du mouvement abertzale. C’est pourquoi notre mouvement participera lui aussi a la manifestation pour les prisonniers basques qui aura lieu samedi 8 janvier à 17h30 à Bilbo.

Cette manifestation sera l’occasion d’exiger le respect de tous les droits des prisonniers basques et de demander a la société de s’engager pour mettre fin à la politique actuelle en prison.

Nous voulons aussi rappeler que le mouvement basque s’est engagé dans un processus de négociation et de discussion avec les deux états qui l’oppressent. Ce processus ne pourra être mené à bien sans un effort des autorité des deux côtés de la frontière. Améliorer les conditions de vie des prisonniers et des prisonnières en général, rapprocher les détenus basque de leur famille, n’est qu’un simple droit qui doit être respecté.

Les militants de Libertat vous invitent donc à participer à cette manifestation du 8 janvier. Nous espérons cette mobilisation historique.





Solidaritat dab Aurore Martin

22 12 2010

OCCITAN
Solidaritat dab Aurore Martin

Qu’aprenem uei qu’Aurore ei rentrada en la clandestinitat entà esvitar la soa arrestacion e expulsion de cap tà Madrid. Atau, que’s confirma las compromissions e que s’ahorteish la collaboracion de París a la repression hastiau dont pateish l’esquèrra independentista basca.
Qué las informacions balhadas per la justícia espanhòla sian obtiengudas per la tortura e los mautractaments ne tòca pas a la justícia ni au poder francés quan s’ageish de militants bascs. Las intimidacions de militants e d’avocats independentistas per las carrèras deu País Basc nòrd per agents qui’s presentan com membres de las fòrças espanhòlas tanpòc. L’Estat d’excepcion qui demora en l’Estat espanhòu que s’espandeish atau per l’Exagòne e Euròpa tota.
Aurore Martin qu’afirma uei la soa volontat de contunhar de militar peu biais civiu quitament s’ac harà a l’esconuda, en tot cas tant que la justícia francesa e París ne seràn pas tornats sus l’aplicacion deu mandat d’arrèst europèu qui pertòca a Aurore.
Qu’asseguram a Aurore la nosta solidaritat sancèra com ac avem hèit tot au long de la procedura, que saludam la fòrça de las soas conviccions e lo son coratge.

CATALÀ
Solidaritat amb Aurore Martin

Avui hem sabut que l’Aurore ha passat a la clandestinitat per evitar el seu arrest i extradició a Madrid. Així es confirmen els compromisos de col·laboració de París a la brutal repressió que pateix l’esquerra independentista basca.
El fet que la informació que arriba per mitjà de la justícia espanyola sigui obtinguda sota tortura i maltractaments no concerneix la justícia ni el poder de l’estat francès quan es tracta de militants bascos, ni tampoc les intimidacions de militants i advocats independentistes pels carrers del Nord del País Basc per part d’agents que es presenten com a membres de les forces espanyoles. L’Estat d’excepció que hi ha a l’estat espanyol s’estén així per l’estat francés i arreu d’Europa.
Aurore Martin afirma avui la seva voluntat de seguir militant fins i tot si ho ha de fer d’amagat, almenys mentre la justícia francesa i París apliquin l’ordre d’arrest europea que persegueix l’Aurore.
Manifestem tota la nostra solidaritat amb l’Aurore tal i com ho hem fet al llarg de tot el procés i ens traiem el barret davant la força de les seves conviccions i el seu coratge.

CASTELLANO
Solidaridad con Aurore Martin

Hoy hemos sabido que Aurore ha pasado a la clandestinidad para evitar su arresto y extradición a Madrid. Así se confirman los compromisos de colaboración de París a la brutal represión que sufre la izquierda independentista vasca.
El hecho que la información que llega por medio de la justicia española sea obtenida bajo torturas y maltratos no concierne a la justicia ni al poder del estado francés cuando se trata de militantes vascos, ni tampoco las intimidaciones de militantes y abogados independentistas por las calles del País Vasco Norte por parte de agentes que se presentan como miembros de las fuerzas españolas. El Estado de excepción que hay en el estado español se extiende así por el estado francés y por toda Europa. Aurore Martin afirma hoy su voluntad de seguir militando incluso si lo tiene que hacer a escondidas, almenos mientras la justicia francesa y París apliquen la orden de arresto europea que persigue a Aurore.
Manifestamos toda nuestra solidaridad con Aurore como lo hemos hecho a lo largo de todo el proceso y aplaudimos la fuerza de sus convicciones y su coraje.





Solidaritat dab Aurore Martin

18 12 2010

 

Libertat, movement revolucionari de l’esquèrra d’Occitània que s’indigna cap a la decision presa per la justícia francesa per la quau Aurore Martin, militanta de Batasuna pòt estar extradida cap a l’Estat espanhòu.

Que deploram aquesta prumèra extradicion d’ua ressortenta de l’Estat francés qui es uei acusada d’aver sonque pres la paraula.

Que brembam que Batasuna qu’es un partit politic legau dens l’Estat francés e que las presas de paraulas e participacions d’Aurore Martin a divèrsa amassadas de Batasuna qu’estón totjorn mediatizada e non pas hèit a l’esconuda com ac vòlen har créder daubuns mèdias francés e espanhòus.

Aqueste còp l’Estat francés que hè un pas mei cap a la repression, un pas simbolic mes tanben significatiu pr’amor aqueste cas poderé har jurisprudéncia e donc obrir sus l’extradicion de numerós ressortents de l’Estat francés. Extradicions pesugas de consequéncias pr’amor de la politica d’ilegalizacion menada per l’Estat espanhòu e las torturas que pateishen los empresoats aciú !

Que’ns chepicam tanben entaus drets deus militants e de las militantas de l’Estat francés pr’amor Aurore Martin n’a pas hèit que participar a actes politics ! En-delà de la question basca, que son los drets umans e civics de tots los militants e totas las militantas de l’Estat francés qui son pertocats e miaçats

Emparar la soa tèrra n’es pas un delicte !

Solidaritat dab Aurore Martin

Solidaritat dab lo pòble basco !

Communiqué de Libertat !

Bordeaux, le 17 décembre 2010

 Libertat, mouvement révolutionnaire de la gauche d’Occitanie s’indigne face à la décision prise par la justice française par laquelle Aurore Martin, militante de Batasuna peut être extradée dans l’état espagnol.

Nous déplorons cette première extradition d’une ressortissante de l’état français qui est aujourd’hui accusé d’avoir seulement pris la parole.

Nous rappelons que Batasuna est un parti politique légal dans l’état français et que les prises de paroles et participations d’Aurore Martin à diverses réunions de Batasuna ont toujours étaient médiatisées, et en aucun cas faites en secret comme veulent le faire croire certains médias français et espagnols.

Cette fois l’état français fait un pas de plus vers la répression, un aps symbolique mais aussi significatif parce ce que ce cas pourrait faire jurisprudence e donc ouvrir sur l’extradition de nombreux ressortissants de l’état français. Ces extraditions sont lourdes de conséquences pour les militants et militantes concerné(e)s au vue de la politique d’illégalisation menée par l’état espagnol et les tortures qui subissent les prisonniers là-bas !

Nous nous préoccupons aussi pour les droits des militants et militantes de l’état français parce qu’Aurore Martin n’a fait que participer à des actes politiques ! Au delà de la question basque, ce sont les droits humains et civiques de tous les militants et de toutes les militantes de l’état français qui sont touchés et menacés !

Défendre sa terre n’est pas un délit !

Solidarité avec Aurore Martin !

Solidarité avec le peuple basque !